15 mars 1861

« 15 mars 1861 » [source : BnF, Mss, NAF 16382, f. 73], transcr. Sophie Gondolle, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6667, page consultée le 05 mai 2026.

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Bonjour, mon cher bien aimé, bonjour et sourire si tu as comme je le désire et comme je l’espère, passé une bonne nuit. Cette phrase stéréotypée dans toutes mes restitus, loin d’être une banalité de ma pensée, est l’expression de ma vive et constante sollicitude pour toi et ton état de santé. Tu en es bien sûr, n’est-ce pas ? Et loin de m’en vouloir du peu de ressource de mon esprit, qui ne sait pas en varier la monotonie, tu pardonnes à cette immuable tendresse qui ne voit rien, ne sait rien et ne dit rien en dehors de son amour.
Le temps est assez maussade ce matin mais très doux ; probablement il fera bon et beau tantôt et tu feras bien d’en profiter. Tu ferais peut-être encore mieux, d’après l’avis unanime, soufflé par le docteur Corbin de t’en aller tout de suite au risque de rencontrer sur ton chemin tous les petits incidents ennuyeux du voyage voire même ceux du baromètre et du thermomètre. Je me joins à cette opinion de toute la force de mon cœur et je me tiens prête à te suivre quand, comme et où tu voudras. En attendant, je vois avec une résignation mélancolique les diverses annexions que vous faites à mes dépens et au profit de Mme Engelson. Hier, vous vous la forciez à plaire pour vous seul, aujourd’hui vous l’instituez votre lectrice ordinaire et extraordinaire, demain vous lui concéderez sans doute les provinces du Rhin et les départements des Pays-Bas, etc., etc. J’assiste à ce démembrement de ce qui fut autrefois ma conquête et mon domaine préservé mais je proteste, avec plus de raison que François II, contre ce déni de justice, trop heureuse encore si cela peut contribuer à ramener votre santé qui est mon principal et unique bien.

Cette année-là…
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Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo termine Les Misérables en Belgique. Juliette copie avec délices.

  • 16 janvierHugo se laisse pousser la barbe.
  • 25 mars-3 septembreVoyage à Londres, puis en Belgique et en Hollande et dans les environs ; séjour à Mont-Saint-Jean, à l’hôtel des Colonnes. Hugo quitte parfois Juliette pour rendre visite à sa famille à Bruxelles.
  • 20 décembreHugo consent au mariage de sa fille avec le lieutenant Pinson.